Notre Démarche
Le moyen-âge s'étalant sur plus de 1000 ans, il est totalement inenvisageable de vouloir faire de la reconstitution médiévale sans définir un cadre précis, ce cadre devant être défini de façon temporelle (sur une période la plus courte possible) et géographique. Par choix nous avons choisi de nous focaliser sur le dernier quart du XIIIème siècle, plus exactement le règne de philippe III le Hardi (1270-1285) et sur la moitié nord de la France, plus particulièrement la Bourgogne. Nous avons fait ce choix pour différentes raisons, tout d'abord la période nous plaisait, en voici quelques raisons
- Historiquement elle couvre la fin du règne de Saint Louis (Louis IX), le règne de Philippe III le Hardi et le début du règne de Philippe IV le Bel ;
- C'est la fin des croisades ;
- Le XIIIème siècle marque un mini-tournant dans l'Histoire de France, une sorte de renaissance avant l'heure avec des progrès notables dans les domaines de l'agriculture, de la médecine (chirurgie notamment), etc. ; C'est aussi le siècle de Rutebeuf et des fabliaux.
Ensuite les sources primaires pour cette période - les écrits, les statues, les enluminures ou le mobilier archéologique - sont nombreuses et accessibles.
Plutôt que d'essayer de reconstituer la vie de personnages ayant existé (ce qui nous semble difficile voire impossible en dehors d'un contexte précis tel que par exemple un fait exceptionnel comme une grande bataille) nous essayons de reconstituer la vie de personnages fictifs en essayant de comprendre et de recréer ce que pouvait être leur vie quotidienne. Bien sûr il nous est encore impossible aujourd'hui de recréer exactement la vie de l'époque, cependant nous mettons tout en oeuvre pour essayer de nous en approcher au vu de ce que nous en connaissons aujourd'hui. La remise en question permanente étant obligatoire.
Les règles d'or que nous nous astreignons à suivre sont les suivantes :
- Toute réalisation doit être sourcée : c'est à dire qu'il faut pouvoir justifier d'un objet ou d'une technique pour pouvoir l'utiliser, l'approximation ou la déduction selon le "bon sens" ne constituent pas des sources fiables.
- Dans la mesure du possible il est bon de croiser les sources pour éviter d'ériger en règle l'anecdotique.
- Dans la mesure du possible il faut toujours privilégier les sources primaires (iconographie, mobilier archéologique) et secondaires (publications scientifiques, rapports de fouilles, etc.). Les réalisations d'une autre troupe de reconstitution, quelle que soit la qualité de ses réalisations, ne sont pas des sources primaires, pas plus que les films et téléfilms.
- Lors de la réalisation d'objets il faut privilégier les matériaux et techniques avérées pour l'époque.
- En cas de doute, et principalement lors de démonstrations en public il faut adapter son discours et savoir expliquer quelles sont les entorses faites à l'historicité et pour quelles raisons.
Voici quelques exemples de ce qui est cohérent avec notre démarche et de ce qui ne l'est pas :
Cohérent avec notre démarche:
- Utilisation de tissus naturels tels que lin, laine, chanvre ; nous savons qu'il est très difficile de trouver de tels tissus tissés à la main aussi un tissage mécanique est accepté.
- La couture à la main est privilégiée par rapport à la couture à la machine, cependant certains compromis sont acceptables tels que la couture à la machine de coutures totalement invisibles une fois le vêtement terminé.
- Les glaçures sur les poteries d'époque contiennent du plomb, qui est toxique, sur une réalisation actuelle on privilégiera la sécurité en utilisant des techniques plus récentes mais avec un rendu similaire plutôt que de prendre le risque d'attaper les saturnisme.
- En règle générale et plus particulièrement en présence du public on privilégiera toujours la sécurité à l'historicité, tout en étant capable d'expliquer ce qui est différent, en quoi c'est différent et le pourquoi du choix.
- Toujours dans un souci de sécurité et même si l'on dipose de preuves archéologiques sur l'existence de "lunettes" dès la fin du XIIIème siècle, celles-ci restent très rares à l'époque, plutôt que de généraliser un objet qui reste anecdotique nous préférons que les membres qui ne peuvent s'en passer portent des lunettes modernes.
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Sujet à controverse :
- La présence d'un objet au Vème siècle et au XVème siècle ne permet pas de justifier de son existence pendant la période qui nous intéresse tant qu'aucune preuve de son existence sur cette période n'est pas avérée.
- Les déductions du type : ils n'étaient pas si bêtes et donc auraient pu le faire ne mènent en général à rien, avec ce genre de raisonnement on pourrait facilement en déduire qu'au XVème siècle le moteur à explosion et l'électricité existait.
- Lors de l'étude d'une enluminure il est important d'étudier le contexte dans lequel elle a été réalisée, la plupart faisant référence à des textes religieux il se peut que ce qui est représenté ne l'ait été que pour correspondre au texte.
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Ce ne sont que quelques exemples ayant pour but de donner une idée de notre démarche.
Si vous avez des questions, si vous voulez en savoir plus ou si vous êtes intéressé par notre association alors n'hésitez pas à nous contacter pour en discuter.